Coco-Rico : Le chant du POULET (sous vide)

Lucie Rico, Paris 20 février 2020

Lucie Rico nous emmène à la ferme avec Paule, une jeune citadine qui reprend l’élevage de poulets de sa mère décédée. Une histoire de gallinacés originale, grinçante et poétique.

Lorsque Paule revient à la ferme de son enfance pour les funérailles de sa mère, elle doit, avant de regagner la ville, accomplir la dernière volonté de la défunte : tuer Théodore et puis le vendre au marché. Théodore, c’est le poulet borgne que sa mère affectionnait, comme tous les gallinacés qu’elle élevait et baptisait d’un prénom qui leur ressemblait.

Théodore naquit au milieu de vastes champs. De caractère libre et indépendant, malicieux, Théodore souffrait pourtant d’un handicap, un oeil borgne, qu’il surmontait par son allure désinvolte et néanmoins racée. […] Il entretenait une relation particulière avec sa fermière, un lien intense d’amitié qui ne fut brisé que par la mort.

Sur l’emballage qui contient le poulet tué de ses mains, Paule écrit les dates de naissance et de mort du volatile et rédige une épitaphe, racontant comment Théodore a vécu, comment il est mort. Une sorte d’hommage. Son dernier devoir filial accompli, Paule réalise l’attachement qui la lie à la ferme familiale et aux gallinacés.

Ce roman est remarquable tant par l’originalité de son propos que par la tension dramatique que l’auteure réussit à déployer au fil des pages. L’histoire fait beaucoup rire, touche parfois. Sans en avoir l’air, sans prendre une voix moralisatrice, Lucie Rico porte un autre regard sur l’élevage et interroge notre rapport à l’animal et à sa consommation. Une auteure à suivre pour la fraîcheur de son ton et son humour inventif.

Note : 4 sur 5.

Le chant du poulet sous vide
Lucie Rico
Folio, 2021, 256 pages.