Huis clos en Alaska

Marie Vingtras (c) Patrice Normand / Editions de L'Olivier

Pris dans une violente tempête, les habitants d’une contrée perdue d’Alaska affrontent leurs démons. Avec Blizzard, Marie Vingtras signe un premier roman efficace.

Dans une région isolée d’Alaska, un petit garçon disparaît lors d’une violente tempête de neige. Son père part à sa recherche, accompagné d’un voisin qui le suit à contrecoeur. Cette disparition, c’est Bess qui nous l’annonce la première. Entre culpabilité et désespoir, sa voix s’élève pour nous l’annoncer.

« Je l’ai perdu. J’ai lâché sa main pour refaire mes lacets et je l’ai perdu. Je sentais mon pied flotter dans ma chaussure, je n’allais pas tarder à déchausser et ce n’était pas le moment de tomber. »

Bess

Après cette confession, d’autres prennent la parole : Benedict, le père de l’enfant, puis les voisins Cole et le vieux Freeman, resté chez lui. Chapitre après chapitre, les témoins se succèdent à la barre. Les récits s’entrecroisent et se répondent, les pièces du puzzle s’assemblent, le passé se révèle enfin. Car c’est bien le passé qui hante les personnages de ce premier roman. Face à la tempête qui fait rage et qui agit comme un révélateur, confrontés à la disparition d’un petit garçon dont ils se sentent pour la plupart responsables, chacun entre en introspection et examine sa conscience. À tour de rôle ils se mettent à nu, exprimant leurs doutes, leurs regrets, exhumant de vieilles histoires de fantômes qui les hantent. Jusqu’au bouquet final.

On peut reprocher à ce premier roman une construction trop classique. On peut aussi reprocher à Marie Vingtras d’en faire un peu trop, comme si elle avait voulu tout prouver dans ce premier roman. Un défaut de primo-romancier ? Sans doute. Ce qui est sûr, c’est que la formule est efficace, et qu’elle fait mouche.

Note : 3 sur 5.

Blizzard
Marie Vingtras
Éditions de l’Olivier, 2021, 192 pages.