Mort sur le Nil (le film)

Attendue depuis deux ans, l’adaptation du roman d’Agatha Christie par Kenneth Branagh vient de sortir en salle. Malgré un bon casting, le film souffre d’une mise en scène grandiloquente et d’un excès de larmes.

C’est la seconde fois que Kenneth Branagh adapte un roman d’Agatha Christie. En 2017 sortait Le Crime de l’Orient-Express, une adaptation réunissant un grand nombre d’acteurs de renom. La réalisation était réussie, l’interprétation de Kenneth Branagh en Hercule Poirot avait convaincu, le film avait trouvé son public.

Cette fois-ci, comme le laissait présager la dernière scène du Crime de l’Orient-Express, Hercule Poirot est appelé en Égypte pour une croisière sur le Nil. Il rejoint les convives d’un voyage de noces, celui de la milliardaire Linnet Ridgeway et du mondain Simon Doyle, le séduisant ex-fiancé de Jacqueline de Bellefort, une amie d’enfance de Linnet. Mais la croisière vire au drame lorsque Jacqueline monte à bord du bateau, bien décidée à mettre fin à cette union scandaleuse.

Les interprètes choisis par Kenneth Branagh sont en tous points impeccables. Lui-même joue à la perfection, même si la sensibilité prêtée au personnage frise le ridicule, comme sa célèbre moustache : Hercule Poirot a la larme à l’oeil du début à la fin. De plus, le film cumule les clichés et la grandiloquence. Les décors du film sont somptueux, mais Kenneth Branagh en fait beaucoup trop. Couchers de soleil, images de synthèse, multiples points de vue sur le Nil et ses rives,… Trop d’images, trop de musique, trop de trop. Pour finir, certaines libertés prises par rapport au roman (et il y en a beaucoup) agacent car elles trahissent la volonté d’attribuer au roman un propos qu’il n’avait certainement pas dans les années 30, pour l’inscrire à tout prix dans les problématiques de notre époque (homosexualité, racisme).

Nul doute que certains y trouveront leur compte. Il faut souhaiter que ce film invite les curieux à relire ce roman avec à l’esprit un Hercule Poirot ressemblant à Kenneth Branagh ou, mieux, à Peter Ustinov.

Lorsque Mort sur le Nil est publié (1937), Agatha Christie a complètement changé de vie. En 1926, elle perd sa mère, est contrainte au divorce suite au départ de son mari Archibald avec une de leurs amies (1926) et elle disparaît une dizaine de jours fin décembre. Elle entreprend ensuite de nombreux voyages en Orient et se remarie en 1930 avec Max Mallowan, un archéologue de dix ans son cadet. À ses côtés, elle découvre les missions archéologiques et les chantiers de fouilles qui la passionnent. C'est également une période très prolifique où elle publie ses meilleurs romans : Le meurtre de Roger Ackroyd (1926), Le Crime de l'Orient-Express (1934), Mort sur le Nil (1937).